Sa dernière participation au carnaval haïtien à cause de son désaccord avec le régime Tèt Kale dont Michel Martelly (ancien chanteur de Sweet Micky) est le président remonte en 2012. Le vendredi 30 janvier 2015, fraîchement installé comme Premier ministre, Evans Paul décide de sponsoriser le char de Brothers Posse pour prendre part au défilé carnavalesque les 15, 16 et 17 février 2015 au Champ de Mars avec ou sans l’aval du président de la République. Le même jour, dans la soirée, le président du comité du carnaval a confirmé que Brothers Posse serait bel et bien au carnaval.
Le mercredi 4 février 2015, Brothers Posse a été sélectionné par le comité du carnaval parmi les 17 groupes qui défileront au Champ de Mars cette année. Cependant, la bande à Don Kato, Brothers Posse n’a pas participé à la réunion du comité avec les djaz au ministère de la Culture. Le mardi 10 février 2015, Don Kato a fait savoir qu’il se prononcerait le lendemain sur la participation ou non de Brothers Posse aux festivités carnavalesques.
Le mercredi 11 février 2015 comme promis, après le suspense suite à deux dernières rencontres qu’il a eues avec deux personnes importantes pour le groupe, Don Kato, à l’émission « Mizik Magik » sur Radio Magik 9, a déclaré officiellement que Brothers Posse refuse le char des autorités ! Brothers Posse ne participera donc pas aux réjouissances nationales les 15, 16 et 17 février prochain… « C’est une décision politique qui nous a exclus du carnaval ; c’est aussi une décision politique qui nous y aurait retournés, a déclaré Don Kato. Mais, tout comme ils ont le droit de nous mettre dehors au carnaval, je pense que nous avons aussi le droit de dire aujourd’hui qu’on n’est pas intéressé à participer à y participer. Nous à Brothers, nous ne voulons pas qu’on nous choisisse par pitié, mais pour notre force ou pour ce que nous représentons dans la musique haïtienne. Quelqu’un qui pense qu’on n’a pas ce droit est un esclave ! Nous avons bien ce droit en tant qu’humains. Après deux ans de mauvais traitements et de détournement de l’argent de notre sponsor vers d’autres groupes musicaux, aujourd’hui, participer au carnaval national sous ce régime ne nous intéresse pas ! Nous avons examiné tous les paramètres et nous avons constaté voyons que nous n’aurons pas le contrôle de la participation de Brothers Posse au défilé carnavalesque en termes de son, du char, etc. »
Toutefois, Don Kato tient à remercier le Premier ministre Evans Paul dit K-Plim. « J’apprécie beaucoup son geste, le fait qu’il a pensé à Brothers Posse. Nous considérons grandement ce noble geste », affirme le chanteur.
L’artiste engagé a aussi fait savoir que ce n’est que dans la soirée du mardi 10 février 2015, soit à environ quatre jours du carnaval, qu’on leur a formellement envoyé une note pour les inviter au carnaval. Ce qu’il considère comme anormal.
Par ailleurs, Don Kato a déclaré que Brothers Posse n’avait pas non plus de garantie sur sa participation au carnaval cette année. « Ils ont passé deux ans à nous exclure. Une fois alors qu’on performait quelque part, on nous a lancé du gaz lacrymogène ! Quelle garantie aurait-on donc au carnaval avec eux ? Comment serait notre sonorisation ? Est-ce que nous ne serions pas humiliés ? Certaines fois, il n’est question d’argent, mais de personnalité ! », lance le chanteur. « Nous n’avons aucune haine envers eux mais, continue-t-il, c’est seulement que nous ne les faisons plus confiance ; et quand vous ne faites pas confiance à quelqu’un, vous évitez d’aller chez lui, tout simplement… »
Don Kato dit que Brothers Posse est en train de travailler sur la possibilité de jouer avant les trois gras pour le compte de certaines facultés universitaires.
Concernant le char de Brothers Posse, Don Kato, sans parti pris (parce qu’il dit aimer tous ses frères musiciens), pense qu’on pourrait toujours le céder à un groupe comme Chalè ou tout autre formation musicale qui fait de belles meringues. « Je ne vais pas dire Kanpèch ou Racine Mapou, puisque notre décision va aussi en solidarité avec ces groupes, mais quant à nous, epa kounya ! », conclut l’artiste.