Les groupes racine sont en panne de quoi ? D’inspiration ? De crédibilité ? De conviction ? De cohérence ? De propagandes aveugles ? De régime ? Ou tout simplement c’est parce que les temps ont changé ?
En tout cas, il est clair que depuis quelques années, surtout après la chute du régime Lavalas, la plupart des groupes racine dont leurs principaux sambas et membres étaient « nan mawon ».
En période de carnaval, les groupes racine étaient très en vue, ils défilaient le chapelet.
Des groupes comme Koudjay de Samba Kessy, Tokay, Racine Mapou de Azor, Racine Kanga de Wawa, Raram, Boukan Ginen, Kanpèch, Chandèl, Ram, Rèv de Ti Pay, Boukman Eksperyans et Alovi Yaweh, pour ne citer que ceux-là, étaient très sollicités. Ils offraient tellement de méringues entraînantes, dénonçaient, faisaient passer les revendications du peuple dans leurs chansons carnavalesques qu’on était dans l’embarras de choisir une en particulier : elles étaient toutes appréciables.
La tendance racine posait de sérieux problème aux groupes compas en termes de diffusion de méringues carnavalesques à la radio tellement elles étaient sollicitées. Mais depuis plusieurs années, l’on constate que non seulement ces méringues ne sont pas vraiment demandées, mais les groupes sont de plus en plus absents sur le parcours carnavalesque. Pourquoi ? Alors qu’on ne pouvait pas compter les formations musicales de tendance racine à ces rejouissanes populaires ! Quel est l’avenir des groupes racine dans le carnaval haïtien ? À quand la reprise des activités de ces groupes même après le carnaval ?