Comme annoncé à grand renfort de publicité dans les médias, c’est à Amazura à New York qu’a eu lieu, le samedi 4 avril 2015, le « rematch » Zin/Phantoms organisé par Venus International Production de Richard Urbain… Près de 20 ans après le match de novembre 1995 gagné par Phantoms.
Cette fois, c’est Zin qui a pris sa revanche sur la bande à King Kino, mais pas le plus normalement du monde, car semble-t-il, il y a eu volontairement un sabotage du son de Phantoms, crient et déplorent les musiciens de ce groupe.
Des vrais mélomanes, les plus nostalgiques, des fans de ces deux groupes haïtiens ayant fait la pluie et le beau temps dans la Big Apple à une certaine époque, des journalistes venus d’Haïti et d’autres villes des États-Unis ne voulaient pas manquer pour rien au monde cette affiche qui a fait l’objet de beaucoup de commentaires.
Carel Pèdre, en provenance d’Haïti, a été le MC de cette soirée. Il était 11 h 55 PM lorsque le présentateur de « Chokarella » a ouvert la soirée dans une salle qui n’avait pas encore beaucoup de monde. Le patron de Plezikanaval a rappelé aux spectateurs ce qu’avaient réalisé et représenté Zin et Phantoms dans la ville de New York comme bien d’autres formations musicales plus âgées dont Tabou Combo, Skah Shah #1 et System Band. Quelques minutes après, un jeune groupe haïtien basé à New York, Karizma, a été appelé en lever de rideau à ce match musical aux couleurs de revanche. La bande à Emmery avait une trentaine de minutes pour proposer aux mélomanes sa jeune musique. De l’interprétation de « Moun damou » des Shleus Shleus à l’exécution de morceaux originaux comme « Avè’l m relax », « Zen pete », Karizma a fait ce qu’il convenait de faire pour mettre le public dans le bain en attendant Zin et Phantoms à l’Amazura. Le chanteur de Karizma, en fin de prestation, a promis un nouveau single, « Rive sou mwen », déjà vidéoclippé pour annoncer le prochain album du groupe, « Virus ».
Le MC est revenu à 1 h 15 am pour annoncer le battle tant attendu. Il a rappelé la victoire de Phantoms lors du premier match qui l’opposait à Zin il y a plus de deux décennies. Ce sera un deux « sets » de 30 minutes pour chaque groupe, a fait savoir Carel Pèdre. Et Zin, très « de guerre » ce soir-là, a pris les commandes quoique privé de trois des membres originaux, Georgy Métellus, Maggy Foreste et Patrick Apollon, qui avaient boudé ce concert. D’ailleurs, c’est la Princess (Georgy) elle-même qui en avait fait l’annonce avant la soirée sur sa page Facebook. Elle n’était toutefois pas en mesure de nous expliquer la raison de ces trois absences à cet important rendez-vous. Longue histoire, semble-t-il. Mais nous avons appris que ce serait un problème d’argent qui était à la base de l’absence de ces trois membres au concert Zin/Phantoms. Après la réunion de Zin en 2013, ils auraient accusé Alex Abélard et Alan Cavé d’avoir presque tout empoché. Patrick Appolon, remplacé à la batterie ce soir-là par Shedly Abraham, aurait déclaré qu’il ne jouerait plus avec un chanteur comme Alan Cavé. Georgy Métellus, qui était présente aux côtés du maestro Alex Abélard le 12 mars 2015 à la conférence de presse annonçant le concert à New York, a boudé l’activité parce qu’elle aurait réclamé 5000 dollars américains pour jouer avec Zin ! Ce que Richard Urbain de Venus International Production a refusé parce qu’il avait déjà tout négocié avec Alex, nous a fait savoir un confrère proche de ces derniers.
L’intro plaisante avec la voix du « faroucheur » Alex Abélard sur une image de Lord Kinormorsa Divers projetée sur l’écran de Amazura qui le présentait comme un ancien King a fait rire les spectateurs venus « pou tripotay ». Sans perdre de temps, Zin a enchaîné avec un medley des chansons comme « Tou kole », « Mennenm ale », « Lage’m », « Yo pou Zin », « Poko poko », qui ont commencé à chauffer le public qui avait froid et qui ne s’est pas fait prier pour applaudir. Ensuite, Nia a interprété « Hasta la vista ». Sous sa petite robe noire, elle a charmé. Puis Zin a continué avec « Matcho siwo ». 1 h 50 am, fin du premier set. Zin laisse sur le stage un crâne de squelette humain séché (tête de mort), qui identifie toujours Phantoms…
Avant que Carel ne revienne à 2 h 5 am pour annoncer Phantoms et King Kino dans leur premier set, Dj Stakz a assuré avec un peu de reggae. Phantoms lance son intro de « Mission impossible »… On sent déjà la force de frappe. On attend toujours King Kino, mais le groupe commence sans lui et joue « 14 février » bien accueillie. Malheureusement, à cause d’un grave problème de son, les chanteuses ne chantaient que pour elles sur le podium, le public ne pouvait pas les entendre. Cela a visiblement dérangé et déstabilisé les filles. Quand bien même, elles ont enchaîné avec « Lanmou nan kalalou ». Le problème de son a persisté et a énervé ceux qui étaient venus pour apprécier et danser. Phantoms finit prématurément son premier set en catastrophe à 2 h 30 am et sans la présence de King Kino sur le stage ! Carel est revenu sur le stage pour dire au public que Venus International présentait ses excuses auprès de Phantoms pour ce problème et a annoncé que le premier set de la bande à King Kino n’était pas encore terminé. Ce qui n’était pas réellement le cas, a-ton constaté par la suite. Et Phantoms, à cause des déchets provoqués par le problème du son, a perdu son premier set. Zin l’a remporté haut la main pour avoir bien joué et bien géré un public qui a réagi favorablement à sa prestation grâce à un son meilleur dont Jean Raymond Leconte se chargeait.
2 h 43 am. Zin est revenu sur la scène de Amazura pour présenter son deuxième set. Et c’est avec son hit « Chokola » qu’il l’a fait. « Yè reswa », « J’ai soif de toi » et « Can’t do this to me » faisaient partie des chansons exécutées par Zin, qui a même repris en partie la chanson à succès de Phantoms, « Don’t you know I love you », avant de glisser les notes de « Se pa pou dat ». 3 h 5 du matin, Zin a terminé et a réussi son deuxième set laissant le podium à Phantoms.
Pour le deuxième set de Phantoms, King Kino était présent à temps sur la scène, Zin menait déjà ! 3 h 10 am, Phantoms s’était réveillé. Le groupe a joué son hit « Don’t you know I love you », Kino a explosé, le public a bien réagi. Le temps pour Kino, satisfait de sa performance en si peu de temps et de la réaction de Amazura, de se demander où était passé le MC, qu’Alex Abellard, Alan Cavé, Nia, comme dans une messe, avec des vêtements appropriés, se sont présentés sur le podium pour sa séance de bénédiction. Hilarant !
Phantoms a enchaîné avec son tube « Pa bouje » et King Kino a fait le show. Le chanteur était tout feu tout flamme ; le club Amazura était en liesse, mais encore une fois, cela n’a pas trop duré, car à 3 h 20 am, le son était encore coupé !!! Le problème de son a persisté, Phantoms n’a pas eu le temps de donner ce qu’il préparait pour ce show. Fâchés, King Kino et les musiciens ont quitté le podium. Certains musiciens, frustrés, sont retournés chez eux ; d’autres sont restés sur place pour exprimer leur frustration à qui veut l’entendre.
Pendant que certains spectateurs quittaient la salle, Zin est revenu pour une dernière fois sur la scène à 3 h 37 am pour terminer la soirée avec « Ti randevou » et « Fè’m vole ».
En conclusion, le « rematch » qui a fait sortir plusieurs centaines de gens à Amazura à New York le samedi 4 avril 2015 malgré le froid s’est terminé en faveur de Zin. Phantoms reconnaît sa défaite, mais crie au boycottage, car musicalement et spectaculairement parlant, le groupe était bien préparé pour affronter Zin. D’ailleurs, les quelques minutes de performance avec la présence de King Kino l’ont prouvé malgré une excellente prestation de Zin. Le son du groupe a été saboté délibérément par la compagnie du son qui s’en chargeait, a expliqué Jensen Desrosiers après le naufrage de Phantoms. L’équipe de Venus International Production, les musiciens de Phantoms voire ceux de Zin doivent en connaître les raisons évidemment.
Ceux qui étaient venus pour Zin sont contents et se sont exprimés clairement. Ceux qui avaient fait le déplacement pour Phantoms sont fâchés, disent-ils, du boycottage, mais sont quand même satisfaits de ce que King Kino et Phantoms ont montré pendant quelques minutes. Ils pensent que s’il n’y avait pas ce problème de son, Zin aurait pu être en difficulté et ne gagnerait pas aussi facilement ce « rematch » à Amazura. Si dans le premier face-à-face il y a plus de vingt ans entre ces deux groupes, c’est Phantoms qui l’avait gagné pendant que Zin avait un problème de son, pour ce « rematch », c’est l’inverse, pour la même cause. Ironie du sort ?
Certains pensent que Venus International Production de Richard Urbain pourrait reprendre cette même affiche Zin/Phantoms en Haïti, mais en prenant toutes les dispositions pour éviter tout boycottage d’un côté comme de l’autre. Afin que le gagnant mérite le titre selon ce qu’il a joué et présenté en termes de musique, de spectacle et de show !