Footballeur, ancien joueur du Don Bosco de Pétion-Ville et de Python, membre fondateur de System Band, du Scorpio, de Super 9 et de Safari Combo, Webert Laurent est son vrai nom. Mais il se fait appeler Tito Maréchal.
Né à Pétion-Ville, ce percussionniste expérimenté a commencé à pratiquer la musique dès son jeune âge au Morne Hercule, là où il y avait environ six orchestres dont « Les Widmaier ». Tito a formé Super Tabou en 1970, deux ans après la fondation de Tabou Combo en 1968. Ensuite Mini Brothers, « As de Pic », son propre groupe, avec Michel Saieh. Après, il a monté Safari Combo avec Assad Francoeur (Coupé Cloué), Frenel et Franck.
Après ces expériences, l’artiste a rejoint Super 9 en tant que percussionniste. Aussi, il a toujours chanté au sein de tous ses orchestres. Il savait également danser et était une attraction pour les gens à cette époque. Après Super 9, Tito a retrouvé Caribbean Sextet au sein duquel il a passé deux ans et demi avec Toto, Corvington, Jean Jean et Polycarpe. En 1973 et 1974, il remplaçait souvent Ti Max Edmé au sein de Gypsies de Pétion-Ville. Après la disparition de cette formation musicale, Robert Martino a fait appel au brillant musicien pour le rejoindre au Scorpio (Ansanm ansanm) qu’il formait. Tito a produit environ cinq albums avec Scorpio dont « Yayad », « Ansanm ansanm ».
A la fin de 1978, Tito Maréchal s’est rendu à New York avec Scorpio pour performer et il avait décidé de ne pas retourner en Haïti. Pendant les années 80, beaucoup de professionnels de tous les domaines fuyaient le pays.
Entretemps, Tito Maréchal forme chez lui à New York, avec Isnard Douby, Ernst Vincent (Ti Nès), Anderson Cameau de Apocalypse et Harold Joseph, la formation musicale System Band. D’ailleurs, ils habitaient tous la même maison là-bas.
Parallèlement, le percussionniste jouait en même temps avec Djet-X et Accolade de New York (Bossa Combo). Il a fait un seul album, soit la première plaque, « Ban’m pase », avec System Band.
Le 22 décembre 1980, Tito Maréchal a quitté New York pour émigrer au Canada. Arrivé là-bas, il a passé trois mois sans jouer, jusqu’à ce qu’il croise Jean-Claude Jean (Kòk) de Tabou Combo, son ami d’enfance et camarade de classe au club « Chez Tonton » où jouaient Les Fantaisistes avec deux des musiciens de Les Fantaisistes de Carrefour. Ensuite, Tito a rejoint Eval Manigat avec qui il a joué pendant vingt ans ; il participe sur l’album « Africa + ». Après un certain temps à Montréal, le musicien a fait la connaissance du saxophoniste Yvan Belo. Il a joué aussi avec Emeline Michel durant quatre et Beethova Obas, Dieudonné Larose, Ti Kabzy, des Africains. Des cinq continents, il a déjà fait L’Europe, l’Asie, l’Afrique et l’Amérique. Il compte visiter l’Océanie à l’occasion de la sortie de son album « Se nou men’m ».
Créateur de son propre rythme, « Tito mcoloboulaboula », Tito Maréchal dit être le premier percussionniste à avoir impliqué trois tambours dans la musique haïtienne. Il se souvient de Ti Paris qui lui a montré la note « do » en musique lorsqu’il avait 13 ans. Grâce à la musique qu’il pratique depuis 50 ans, ce percussionniste expérimenté a élevé quatre enfants. Depuis à l’âge 12 ans, grâce à elle, il dit avoir été autonome. Dans sa liste des autres groupes fréquentés et musiciens avec qui il a joué se trouvent Eval Manigat, Safari Combo, Djet-X, Accolade.
Tito Maréchal travaille dans le Metro de Montréal, comme cinq autres Haïtiens seulement, parmi les 800 personnes qui y jouent. Pendant quarante ans, il a joué comme percussionniste et a chanté aussi. Il a travaillé pendant vingt ans avec seulement des étrangers dont Charles Eboi, Ginette Renaud. « En Haïti, je jouais aussi avec Ginette Renaud, Claude Vallade, Michel Richard », témoigne-t-il. Tito Maréchal fait partie de la « Guilde des musiciens » du Canada, une sorte de syndicat. Il joue plusieurs styles de musiques : latine, jazz, funk et blues.
Tito Marechal s’apprête à signer officiellement, le 15 juillet 2015, à Jacmel, son premier album intitulé « Se nou men’m », déjà disponible en ligne. Ce CD enregistré au Canada, à New York, Miami, Washington comporte dix morceaux dont « MINUSTAH », « Kenbe dlo », « Ayiti leve atè a ». Dans ses compositions, l’artiste rend hommage à Rodrigue Milien, Don Kato, Brothers Posse et Ti Paris.
Tito Maréchal dirige son propre band à Montréal. Ses musiciens sont sont au nombre de six Québécois qui voyagent aussi avec lui. Mais, en Haïti, il joue aussi avec des musiciens de Institute Cinéma de Jacmel, Jaz la Kala et 3 Palmis.
Tout de suite après la sortie de cet opus qu’il a pris trois ans pour préparer, Tito Maréchal annonce qu’il prendra des vacances de trois mois juste avant de prendre une pause de 6 mois dans la musique après cinquante ans d’activité musicale. Il a besoin de s’évader, méditer, écrire et visiter trois pays en six mois ! Tito promet qu’il ne quittera jamais la musique parce qu’un musicien peut cesser de faire de la musique mais pas un artiste.