Peintre, enseignant, enquêteur, journaliste, marié, père de famille, Hervé Laplante est son vrai nom. Mais ses admirateurs, ses victimes de bonnes et de mauvaises blagues et ceux qui aiment les dossiers chauds (zen), notamment sur les réseaux sociaux, le connaissent sous le pseudonyme de El Veve Laplanta.
C’est à Pétion-Ville, Haïti, qu’il a vu le jour un 18 janvier. De ses débuts à Radio Maximum à Impact FM, Laplanta a pu également rouler sa bosse dans plusieurs autres médias d’Haïti et de la diaspora. Après son kidnapping en Haïti, il a quitté le pays en 2008 et s’est réfugié depuis au Canada. Depuis plusieurs années, Hervé Laplante vit à Jacksonville (USA). Cependant, il dit vivre entre le Canada, les Etats-Unis et Haïti, “là où il y a de gros intérêts”.
Après huit ans d’absence sur la bande FM à Port-au-Prince, grâce au moyen technologique, Hervé Laplante renoue avec ses auditeurs (fans) avec « Laplanta Show » qu’il présente tous les soirs de 7 h à 9 h pm sur Radio Impact FM (91.7 MHZ) depuis ses studios aux Etats-Unis. Le taquin Laplanta s’est livré à Ticket.
Qui est Hervé Laplante ?
Je suis né un 18 janvier à Pétion-Ville. J’ai fréquenté l’école des pères Salésiens de Pétion-Ville, le Centre Culturel et Classique de Pétion-Ville et le lycée de Pétion-Ville jusqu’à la philo. Je suis le premier d’une famille de deux enfants. Je suis marié, père de famille. Je suis un artiste peintre, mais ça fait longtemps que je ne pratique pas. J’ai étudié la communication chez Jacques Maurice. J’ai aussi étudié les sciences juridiques et politiques en même temps pendant deux ans, mais je n’ai pas achevé ces études. À la fin de l’année 1999, plusieurs amis et moi avions fondé un club culturel ; nous y organisions des jeux de correspondance avec les meilleures écoles de la zone métropolitaine.
Quand as-tu commencé à la radio ?
Depuis en classe élémentaire 1, je suis un habitué du micro et j’ai commencé à parler en public, car chaque dimanche, à l’époque, c’est moi qui faisais la lecture à l’église de St-Jean Bosco. J’ai commencé à Radio Maximum avant d’aller à Radio Planèt Kreyòl. C’était une belle expérience qui m’avait permis de développer la confiance en moi. À cette époque, j’enseignais aussi les sciences sociales et la littérature française dans différentes écoles en classe de sixième à la Rheto. Ce fut aussi une belle expérience malgré que les conditions fussent très difficiles. C’est également pendant cette période que j’ai reçu une proposition de Radio Indigène et que j’ai abandonné l’enseignement pour m’adonner totalement à cette station, parce que la radio était toujours une passion pour moi. J’ai passé trois ans comme directeur culturel à Radio Indigène jusqu’à mon départ pour le Canada après que j’eus été victime d’un kidnapping. Je n’étais pas encore prêt pour aller vivre à l’étranger, mais j’y ai été obligé… Je suis resté un an à Toronto avant d’aller vivre à Montréal. Cette ville m’a permis de mieux comprendre le fonctionnement des médias où les journalistes mènent de bonnes enquêtes, parce que tout ce qui est secret attire mon attention. Voilà pourquoi j’ai suivi une formation en enquête et investigations. Comme j’avais déjà une formation en journalisme, j’ai décidé de devenir un journaliste à scandales ou à sensations, parce que j’ai réalisé que notre milieu est vierge en ce sens. Puisque je suis quelqu’un qui ose faire et dire des choses que les gens ont peur de faire ou de dire, j’ai décidé d’ajouter ces petites épices dans le business !
Tu mets toujours des publications qui fâchent sur ta page Facebook concernant les artistes ou autres personnes et qui suscitent toujours des réactions négatives et positives, comment les gens et toi-même te voient dans tout ça ?
Tout le monde veut être vedette, mais personne, mentalement, n’es encore prêt à l’être parce qu’elle a peur de critiques négatives ou de n’importe quelle chose qui n’est pas en sa faveur. Vous savez que les Haïtiens ne savent pas encore comment est le showbiz ? « Showbiz pa konn frèt et m pa renmen anyen ki frèt ! » Il y a des artistes étrangers qui sont riches et quand ils ont besoin de faire des « hits », ils font exprès d’aller voler n’importe quelle petite chose, par exemple.
Après que tu divulgues certaines choses, n’as-tu pas reçu de menaces et n’as-tu pas peur ?
Honnêtement, je n’ai jamais peur. Tous les métiers ont des risques et je suis déjà préparé pour ces risques. Je sais que les Haïtiens ne sont pas tolérants et que quand vous dites une chose qui n’est pas en leur faveur, ils le prennent souvent extrêmement mal… Mais je ne saurais tenir compte de l’intolérance des Haïtiens pour ne pas faire ce que je pense et ce que je crois bon. Beaucoup disent toujours que les Haïtiens ne sont pas encore prêts pour ces genres de buzz… Quand seront-ils prêts finalement ? Moi, je ne peux attendre les retardataires, je ne supporte pas que le temps me laisse derrière.
Avant d’être aujourd’hui sur Impact FM, tu as été récemment sur une station dans la diaspora ?
J’ai fait une belle expérience à Radio Puissance Inter à Jacksonville. C’est mon show qui a mis la région de Jacksonville sur la « carte », parce que beaucoup d’Haïtiens ne le connaissaient pas ou bien l’avaient vu comme un endroit qui n’avait pas trop de potentiels. « Laplanta Show » a changé ça. J’ai toujours incité beaucoup de compatriotes à venir y habiter, c’est une zone qui a moins de gens « malheureux » en Floride. Toute la communauté a aimé notre travail et l’a supporté. J’ai monté un « Broadcast Studio » up-to-date qui n’a rien à envier à aucun autre studio de radio. Ce studio a créé une grande inquiétude chez les dirigeants de la station, parce qu’il y avait beaucoup de rumeurs qui voulaient faire croire que j’allais faire une radio. Ce n’était que des rumeurs, car ce serait illégal. Malheureusement, ces rumeurs ont créé une mésentente entre la station et moi, et j’ai décidé de donner ma démission. Cela avait bouleversé la communauté haïtienne de Jacksonville. Par la suite, Patrick Moussignac est venu me proposer de faire partie de son équipe. J’étais très content et fier de voir le patron du Groupe Caraïbes venir me chercher là où je me trouve dans la diaspora pour m’intégrer dans une belle et solide radio comme Impact FM alors qu’il y a beaucoup d’autres animateurs en Haïti et dans la diaspora qui cherchent ce privilège. Sincèrement, je n’ai pas de mots pour remercier Patrick Moussignac de m’avoir donné la possibilité de retourner sur la fréquence en Haïti après huit ans d’absence !
Pourquoi aimes-tu taquiner les gens comme ça ?
Je suis quelqu’un qui a un côté enfantin en moi ; j’aime jouer avec les gens. J’aime en effet taquiner les gens et je ne sais pas pourquoi. Tant qu’il y aura des artistes, tant que je serai animateur, je parlerai toujours de n’importe quel artiste que je veux ; cependant, je suis toujours prudent dans ce que je dis, parce que je ne sais pas diffamer. Beaucoup de gens sont choqués parce qu’ils n’étaient pas prêts pour voir notre showbiz aussi chaud.
Te sens-tu à l’aise dans ce que tu fais ?
Oui. Je suis très à l’aise parce que personne d’autre n’avait eu le courage de faire ce que je fais actuellement. Mais je dois préciser que « Laplanta Show » n’est pas seulement moi. Nous sommes toute une équipe que les gens ne connaissent pas. Il y a beaucoup de gens qui cherchent des informations partout pour nous. « Laplanta Show » est un business légal aux Etats-Unis et au Canada, nous avons notre avocat et notre conseiller financier. Notre façon de travailler donne beaucoup de résultats parce que les artistes avec qui nous collaborons ont plus de visibilité. Nous ne sommes pas responsables s’il y a des gens qui sont contents ou fâchés. L’essentiel, c’est que nous n’avons jamais raconté de mensonges sur quiconque et pour quiconque. Nous ne faisons que dire la vérité.
À plusieurs reprises, tu avais annoncé que tu retournerais vivre définitivement en Haïti, mais cela n’a jamais été le cas, pourquoi ?
Je vis toujours au Canada et c’est un pays que j’aime beaucoup. Montréal est chez moi tout comme Pétion-Ville. Je suis retourné en Haïti pendant plusieurs fois, mais beaucoup de gens ne le savent peut-être pas. Donc, je vis entre le Canada, les Etats-Unis et Haïti parce que je suis très impliqué dans ces pays dans lesquels j’ai de gros intérêts.