Les temps ont changé, Catherine Desmarattes aussi. Elle ne chante plus, certes, mais depuis deux ans, elle a créé AyitiBiyografi.com, un site internet dédié à la musique et qui est sa nouvelle passion. Elle affirme être heureuse de retourner dans un domaine qui l’aide à se reconnecter avec Haïti.
Pour bien présenter et parler de Catherine Desmarattes, qui se fait appeler nouvellement KitCat, vous devez citer Spanish. C’était son sobriquet lorsqu’elle faisait de la musique rap en 1996-1997 au sein de Rap N’ Family, groupe qu’elle avait fondé avec d’autres amis rappeurs.
Mère d’une fille de 14 ans, Layla, mariée puis divorcée, KitCat (autrefois Spanish) avait cessé de chanter après avoir décidé de retourner à l’école et vivre à New York en 2000 là où elle était née un 29 juillet. Cependant, les rappeurs qui étaient avec elle à Rap N’ Family, groupe à succès en 1998, continuent de faire de la musique. On retrouve sa voix sur “Klibadaw”, “Matador”, et “Ban’m bwa”, méringues sorties respectivement en 1998, 1999 et 2000. Spanish a aussi réalisé un single intitulé « Atansyon danje ». Elle a également interprété trois morceaux sur l’album de Rap N’ Family paru après son départ d’Haïti.
Lancé officiellement le 2 avril 2014, Ayitibiyografi est un petit peu différent des autres sites en ligne, nous explique l’ex-rappeuse. « Nous faisons beaucoup plus la promotion positive des artistes haïtiens. Nous couvrons les événements, écrivons des articles sur ce qui se passe dans la musique et sur les artistes haïtiens. Les gens peuvent nous suivre sur Twitter et Instagram, @Ayitibiyografi. « J’ai pris cette initiative parce que je constate que la plupart des sites en ligne qui parlent des artistes et de notre musique le font souvent dans un sens négatif, confie KitCat. Étant une ancienne artiste, j’ai pensé qu’il était important de les valoriser beaucoup davantage. Car lorsque Beyoncé a une nouvelle coiffure, tous les médias en parlent ; pourquoi ne le ferait-on pas également pour Rutshelle ? Quand Chris Brown était présent à un événement, tout le monde est curieux de savoir ce qu’il portait ; on pourrait faire de même pour Arly Larivière… Mais, non, nous préférons montrer les images des bals qui ont échoué que de parler du groupe qui joue bien. Moi, j’ai décidé de proposer un site différent qui compte actuellement plus de 60 000 abonnés sur Instagram et plus de 10 000 visiteurs chaque mois, sans compter la page Facebook et Twitter de AyitiBiyografi. »
L’administratrice se félicite d’être présente à de grands événements organisés dans la communauté en publiant sur les pages de AyitiBiyografi des vidéos et des photos instantanément, une façon d’essayer de créer un pont solide entre les artistes et leurs fanatiques. Toutefois, Catherine Desmarattes nous avoue que ce travail n’est pas du tout facile, comme certains pourraient le penser. Car non seulement elle est la seule à tout faire pendant ces deux années, mais aussi, beaucoup de nos artistes ne sont pas trop ouverts aux médias ; ce qui fait qu’elle est un peu limitée. Ajouté à cela, on ne respecte pas trop les femmes qui sont dans le business ; par conséquent, elle est obligée de travailler beaucoup plus dur afin qu’on puisse valoriser son travail.
Pour toutes ces raisons et bien d’autres encore, KitCat affirme qu’après deux ans d’existence, AyitiBiyografi (qui couvre beaucoup plus d’événements qui se font à New York là où elle est basée ainsi que la Haitian Compas Festival à Miami, est à 20 % de là où elle aimerait être !
Actuellement, KitCat a comme objectif de commencer couvrir les événements qui se font en Haïti et éventuellement ceux qui sont organisés au Canada, à Paris et dans d’autres États aux USA. Toutefois, la jeune femme souhaite qu’on invite en Haïti les médias de la diaspora comme on le fait pour beaucoup de médias en Haïti quand il y a des événements à l’étranger. Par ailleurs l’ancienne rappeuse de Rap N’ Family espère trouver des sponsors qui l’aideront à placer le site là où elle rêve.
Néanmoins, Catherine Desmarattes se dit satisfaite de l’accomplissement de AyitiBiyofrafi durant ces deux ans. Mais elle ne fait que commencer, car elle promet beaucoup d’autres choses. KitCat se réjouit aussi de constater que d’autres médias suivent son chemin, affirmant “ou pa bezwen kreye zen pou fè buzz”.
Pour finir, KitCat reste convaincue que s’il y avait des sites comme AyitiBiyografi ayant comme mission de « keep pushing lakay » (kontinye pouse lakay) à l’époque où elle faisait de la musique, elle aurait pu continuer dans le domaine. Avec AytiBiyografi, la battante espère que ses efforts encouragent réellement les artistes haïtiens.