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Gazzman Couleur exige une valorisation du compas

Il est connu comme le loup blanc du compas pour avoir connu beaucoup de succès avec notamment Nu-Look d’Arly Larivière. Leader maintenant de son propre groupe, Disip, Gazzman livre ses impressions sur cette nouvelle fête du compas.
Après avoir quitté ce groupe pour former son propre band, cinq ans après, à l’occasion des 60 ans du compas, Gazzman Couleur dit considérer la grande première de sa formation musicale comme l’un de ses meilleurs souvenirs dans le compas direct. « 4 avril 2010 ! Ce dimanche de Pâques, qui était le jour de la résurrection de Jésus, coïncidait avec la naissance de Disip. Pour moi, c’était du jamais vu, raconte Gazzman. Cette grande première est l’un de mes plus beaux souvenirs. Au regard de ce qu’on m’avait dit et d’après ce que j’avais vu, cela n’avait jamais eu lieu dans le HMI ! Des gens qui avaient des pancartes se réclamant disciples de Gazzman Couleur, des gens qui pleuraient… cela m’a beaucoup marqué. »
Par ailleurs, Gazzman pense qu’il est difficile de choisir seulement trois parmi les chansons compas qui lui font un grand effet, tellement il y en a de belles : « Lè n ap fè lanmou » de Mizik Mizik, « Merci Dieu » de Skah Shah #1, « L’Africa » de Ti Manno, « La vie en exil » de Tabou Combo, « Confiance » de Magnum Band, « Legacy » de Nu-Look, « Priorité » de Klass, « Pays, jeunesse, futur » d’Arly Larivière (Nu-Look).
Ce fils des Gonaïves nous fait aussi savoir que des orchestres comme Phantoms, Tabou Combo, Boukman Eksperyans, Ram, Boukan Ginen l’ont beaucoup marqué. « Ces groupes-là font toujours des shows et présentent toujours des chorégraphies… et je suis un showman. Je dois également confier que des artistes comme Ti Manno, Ansy Dérose, Manno Charlemagne, Michel Martelly de Sweet Micky m’ont beaucoup influencé », a lâché Gazzman.

Le leader de Disip nous dit que depuis son enfance, il a toujours aimé la musique et quand une chanson sortait, même lorsqu’il avait 3 ans, il la connaissait toujours. Toutefois, il ne baignait pas dans la musique «Toute ma famille pratiquait le football, raconte-t-il. Sonche Piers, mon frère, fut entraîneur de la sélection haïtienne de football. En Haïti et au collège aux USA j’étais footballeur… Mais quand je me suis fracturé le genou, j’ai dû passer un an sans toucher à un ballon ! Cela m’avait vraiment ennuyé, et c’est pendant cette période que j’ai fait mon premier album solo, avec ma première chanson, « Ann fè l a de ». C’est ainsi que j’ai commencé dans le compas, et depuis, l’Éternel s’est occupé du reste. »
Pour Gazzman, le compas est un bel héritage que Nemours Jean-Baptiste nous a légué. « Tout mon souhait est de voir le compas aller plus loin. Que la relève soit bien assurée par nous comme Richie, Arly, Roberto Martino, Pouchon Durverger, Richard Cavé, Michael Guirand, T-Jo Zenny et moi. La relève doit être prise par d’autres après nous, car nous ne sommes pas là éternellement. Il faut surtout que les générations actuelle et future s’accentuent sur le compas ; pour ce faire, les propriétaires de radios, les animateurs doivent diffuser cette musique. Il y a une chanson intitulée « Héritage konpa » qui sera sur le prochain album de Disip dans lequel je dis que le reggae fait la fierté de la Jamaïque, le hip-hop réunit une nation, la salsa rassemble les Espagnols ; nous, nous rejetons notre culture, nous abandons le compas pour jouer le zouk. Cela n’a aucun sens. On ne doit pas négliger la musique racine pour jouer des chansonnettes, etc., par exemple. L’État doit exiger aux médias de jouer compas pendant 22 h dans les 24 heures !!! Jouons le compas, de la musique racine, disons de la musique haïtienne ! », souhaite Gazzman Piers dit Gazzman Couleur, chanteur de Disip.