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BS :Deuxième album de Klass, ma lecture

À la maison comme dans ma voiture, je prends le temps et le recul qu’il faut pour écouter l’album de Klass, ceci pour répondre à cette promesse que j’avais fait pour partager ce que je pense dessus à travers ma page FB. Une promesse remontant à quelques semaines, mais j’avoue que ce retard était un choix pour ne pas avoir à m’en prononcer par anticipation, surtout suite aux conseils de mon ami Pipo St Louis qui m’avait suggéré de prendre encore un peu de temps, afin que tout soit juste et parfait dans mes critiques. N’en déplaise aux musiciens du groupe, voire les accrocs, loin de moi tout esprit de méchanceté, à quelques 30 % seulement, selon mon appréciation se démarque du déjà entendu. Il n’y que 3 numéros sur un album de 11 titres, qui interpellent mes sens de professionnel de micro, les 5, 7 et 11. Bien que ces trois-là aient courtisé mon goût, il y a quand même quelques réserves sur le ton que prend Richie actuellement dans ses parts de note vocale à côté de Pipo. On a la sensation que trop satisfait de ses succès, le maestro abandonne ce qui fait de lui un homme d’exception ces 15 dernières années. Il s’amuse à faire ses cris de moqueur à l’intérieur des œuvres à réflexion, mauvais goût selon moi. Il faut reconnaître qu’à travers ce titre 5 où contestation sur le respect manqué à nos artistes par l’état haïtien (Ministère de la culture) et surtout pour cet esprit de table rase projeté sur le konpa à l’occasion de ses 60 ans, le chanteur n’a fait que juguler ses engagements de toujours sur son pays natal. De Passion à Klass en passant par Design, Hangout, Bel Jazz même à Nu-look, Pipo fait toujours sa part de message avec des textes très osés sur la façon de faire de nos dirigeants. Un tour d’appréciation sur ces anciennes compositions, si ces titres comme “payi ya pa pou vann”, vous échappent, s’avère nécessaire aux vrais mélomanes. Richie en effet n’est pas un homme sans inspiration, ni sans idées nouvelles, ses jeux de mot à travers ses compositions, on en retrouve encore sur ce dernier album , mais j’ai l’impression que par empressement sur le temps ou sous la pression de ses fans, il a mis trop de vitesse pour sortir cet album, bien sûr est reçu certes par ses fans, cependant va connaître une durée de vie très limitée à mon avis. Comme une chanson faite pour la garderie, le titre numéro 2 court avec une vitesse sans peine à mémoriser, vite on veut passer à d’autres, c’est une œuvre à succès qui sera rapidement abîmée. Le titre numéro 7 oui répond au besoin de ce temps que nous vivons où la tendance se porte à croire que nous sommes sur le point de connaître la disparition de ce qui nous attribuait une certaines valeurs aux yeux des étrangers, nos rancœurs, nos division et j’en passe en témoignent. Cependant là-dedans Richie manque à son sérieux dans sa partition vocale, excès de niaiseries ou moqueries. Je veux être assez élégant pour admettre les cordes à Zenglen que Pozo insère dans les œuvres en admettant que c’est une question de style, mais il n’a pas été si monotone au précédent CD. Est-ce pour récupérer ce que Zenglen de son côté a rejeté dans son dernier opus? Je dirais peut-être mais une opportunité si vite saisie me fait croire que ce dernier semble être en manque d’inspiration. La chanson pran sans nou, semble vouloir rendre hommage à Tropicana pour son rapprochement à un titre du même genre retrouvé dans l’avant dernier album du dit Orchestre. C’est avec délicatesses rien que par la voix de Pipo, on arrive à identifier Klass, tant que les couleurs rythmiques varient sur fond d’autres groupes, tels: Systèm Band, Tabou Combo, Zenglen et Tropic. Ce deuxième album de Klass ne nous soumet qu’un mélange. Toute la démarcation de cet album se retrace dans la composition de Dener Seide, le titre 11, je reproche simplement au maestro de trop simplifier la partition de Dejean, car le prélude a tellement fait état de qualité rare aux œuvres de Klass, qu’un retour de cuivre en lieu et place du large champ laissé aux claviers aurait été génial, dommage. Mais en vérité c’est un trésor ce titre là (11). A travers ce court Panorama, lecture modeste propre à ma façon d’apprécier est faite, le jugement final des lecteurs, entre accord et désaccord reste un droit face auquel je me plierai. Toutefois, si pour certains, de rigueur on se doit de prendre notes dans l’exercice du maestro Richie, le maitre semble avoir changé de position, au lieu d’en face du tableau, il a lui aussi été s’asseoir sur le banc des grands pour pondre cette dernière œuf. Klass était dans la classe, et son devoir représente l’image de ses anciens maîtres qui, par le poids de l’âge font tort aux vrais mélomanes, leurs sacrées belles créations d’hier nous manquent. A l’idée que la nature a horreur du vide, dans l’absence de ce qu’on veut on se contente de ce qu’on a, n’est-il pas permis de reconnaître que certains vides ne sont pas faciles à combler? Bien Sage en Baron Samedi au cimetière du konpa.