**Épitaphe pour André Déjean. **

Il y a une semaine, André Déjean s’apprêtait à passer sa dernière nuit, vivant, parmi nous.

Le monde à qui il avait soufflé ses plus belles compositions, pour qui il avait modulé ses thèmes et ses solos les plus mémorables, serait en deuil un vendredi 11 septembre.

Les Frères Déjean de Pétion-Ville était une formation musicale familiale composée d’une fratrie de cinq frères à l’origine. À une époque où la tendance favorisait les guitares électriques, l’orchestre des Frères Déjean répétait avec leurs instruments à vent les lignes mélodiques qui feraient la réputation de l’orchestre et sa marque distinctive. Le son du saxophone de Fred en symbiose avec celui de la trompette d’André allait créer une sonorité reconnaissable à des lieux à la ronde.

C’est ainsi qu’en 1972, le destin me mit sur la route de ces frères musiciens et que j’allais gravé sur 2 disques avec eux deux titres (La foi sur le disque Marina et L’Artibonite sur le disque International)qui deviendraient légendaires en 1975.

Cinquante quatre ans pendant lesquels nos chemins se sont croisés sur les scènes et sur les pistes où nos formations, lui avec Les Frères Déjean et moi avec Le Magnum Band et parfois l’inverse, nous avons exhibés pour le plaisir du public les titres fétiches.

Aujourd’hui,  je salue la mémoire d’un autre frère au même prénom que celui de Dadou qui nous précède sur la grande route vers l’éternité.

Adieu André, comme on dit dans notre vernaculaire : «  Ou pran devan, nou dèyè, wa salye Dadou pou mwen ».

Au nom du Magnum Band

Tico Pasquet

19 septembre 2026.

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